22/07/2015
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Le ministère de l’Intérieur opposé à un moratoire sur l’usage du flashball

Le ministère de l’Intérieur a estimé ce mercredi qu’il serait «contre-productif» de décréter un moratoire sur l’usage des armes de force intermédiaire, comme le flashball, une mesure réclamée par le Défenseur des Droits.

«Un moratoire sur les armes intermédiaires serait contre-productif et pourrait avoir des conséquences dangereuses: nous ne pouvons pas nous permettre de désarmer nos forces de l’ordre», estime Pierre-Henry Brandet.

Mardi, le Défenseur des droits avait annoncé avoir recommandé l’interdiction du flashball lors des manifestations et demandé un moratoire général sur son usage, quel qu’en soit le contexte, au vu de la «gravité des lésions» qu’il peut causer.

«Le ministre de l’Intérieur a pris acte de la recommandation du Défenseur des droits du 16 juillet 2015, concernant l’usage du flashball lors des manifestations. Ses services l’étudient et y répondront dans le délai légal de deux mois», déclare le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet. 

«Le cas échéant, des adaptations de la doctrine d’emploi des armes de force intermédiaire seront adoptées», ajoute t-il. Selon lui, «l’équipement des forces de l’ordre en armes de force intermédiaire répond à une double préoccupation: assurer la protection des policiers et gendarmes exposés à des agressions de plus en plus violentes, tout en limitant le recours des armes à feu qui doit rester extrêmement rare et n’intervenir que dans les cas et les circonstances les plus graves».

Plusieurs blessés graves

Jacques Toubon, le Défenseur des droits avait recommandé mardi l’interdiction du flashball lors des manifestations et demandé un moratoire général sur son usage après qu’un adolescent a été grièvement blessé par un flashball à Argenteuil (Val d’Oise) dans la nuit du 13 au 14 juillet. Âgé de 14 ans, Amine avait été touché par un tir de flashball au niveau des testicules par la police et avait déposé plainte jeudi à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à Paris.

Transporté à l’hôpital, l’adolescent a subi une « opération de trois heures », avait expliqué son père dans nos colonnes. «L’intervention s’est bien passée, mais il est en convalescence pendant un mois. On a annulé nos vacances…»

Le 2 avril, un policier qui avait gravement blessé un lycéen au visage avec un flashball, devant le lycée de Montreuil (Seine-Saint-Denis) en 2010, a été condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Article extrait du journal Le Parisien